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La 5ème de couv
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10 septembre 2012

Le combat ordinaire (4 tomes)*** – Manu Larcenet - Dargaud

combatordinaire01Je suis très touchée par la sensibilité à fleur de peau de ce personnage de photographe de guerre, développé sur 4 tomes. Personnage dont le métier consiste à regarder les autres, à les saisir «  en plein vol ». Il les regarde, mais la page blanche est là, l’inspiration disparue.

Toute l’ambiance tient dans ses petites phrases, ses renoncements, cette vie qui s’écoule sans qu’il sache quelle direction lui donner, la découverte du passé et de l’intimité de ses proches.

 Il faut être talentueux pour décrire si justement la vie ordinaire, et même si tous les tomes ne sont pas égaux, et pas très optimistes globalement, j’ai une estime particulière pour cette BD qui ne ressemble à aucune autre.

  

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8 septembre 2012

Trois chevaux*, Erri de Luca. (Folio 139 p )

3_chevaux Très belle écriture pour ce récit court  mais qui manque de fond. C’est plus un voyage qu’un récit, on se laisse porter par la rondeur des phrases, les senteurs, les pulsions. L’histoire elle-même, la  rencontre entre un homme et une femme aux parcours singuliers, peut sembler peu crédible.

 Extrait : « Il y a des créatures destinées les unes aux autres qui n’arrivent jamais à se rencontrer et qui se résignent à aimer une autre personne pour raccommoder l’absence. Elles sont sages. Moi, à vingt ans, j’ignore les étreintes et je décide d’attendre. J’attends la créature qui m’est attribuée. Je suis attentif, j’apprends à parcourir en un instant les visages d’une foule. »

9 septembre 2012

Le xxème siècle américain***, Howard Zinn (Agone, 444 p)

le_xxeme_siecle_am_ricainDès la préface l’auteur pose un parti pris, ce qui pourra rebuter certains lecteurs mais cela semble fait pour cela. 

Howard Zinn aborde l’histoire sous l’angle des relations sociales. Il ne voit pas les Etats-Unis en tant que Pays avec un grand P : entité unifiée et cohérente et qui n’a donc qu’une seule histoire : l’histoire officielle. Mais comme un ensemble de grandes forces sociales, groupes, minorités, classes moyennes ou populaires qui défendent chacun leurs intérêts et dont les désirs et les buts sont parfois très éloignés des décisions prises au plus haut niveau de l’état. Dans cette histoire, il y a des gagnants et des perdants, parfois durement réprimés. L’histoire extérieure du pays, longuement abordée, n’est plus que la résultante du conflit de ces forces intérieures.  On  trouve des grandes leçons de cynisme et des modèles de courage exemplaires dans ce livre. Cette vision à l’avantage de donner une grande cohérence à l’ensemble, les faits et dates ne sortent plus de nulle part, mais restant dans la logique des rapports de force dominants. Peut-être est-ce ce que l’on nomme le sens de l’histoire ?

 Un livre très intéressant, même s’il ne faut pas prendre ce livre engagé comme unique point de vue. Cet aspect engagé, qui nuit à l’objectivité de l’ouvrage, sera un vrai frein pour les férus d’histoire.

 Extrait de la préface : Une histoire qui se veut créative et souhaite envisager un futur possible sans pour autant trahir le passé devrait, selon moi, ouvrir de nouvelles possibilités en exhumant ces épisodes du passé laissé dans l’ombre et au cours desquels, même si ce fut trop brièvement, les individus ont su faire la preuve de leur capacité à résister, à s’unir et parfois même à l’emporter. Je suppose –ou j’espère – que notre avenir sera plus à l’image de ces brefs moments de solidarité qu’à celle des guerres interminables.

 

14 mars 2013

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates**, Mary Ann Shaffer (éditions Nil, 395p)

cercle_patatesRoman plein de charme pour aborder l’occupation de l'île de Guernesey durant la seconde guerre mondiale. Le style épistolaire s’adapte parfaitement à la découverte de cette galerie de personnages attachants. Malgré des anecdotes plutôt sombres, l’entraide, l’humour, l’amitié existant dans cette petite communauté rendent le ton du livre optimiste, l’impertinence des lettres de l’héroïne est rafraîchissante. Seul bémol, la fin se voit venir de loin et déçoit par sa forme naïve.

 …Thompson a fait tinter sa petite cuillère contre son verre et a parlé d’une voix forte de façon à être entendu de tous : « L’un de vous a-t-il jamais songé que c’est au moment précis où la notion d’AME s’essoufflait que Freud nous a brandi sa théorie de l’EGO ? Quel sens de l’à-propos ! Où a-t-il trouvé les temps de réfléchir, ce vieux fou irresponsable ? Pour ma part, je crois que les hommes ont besoin de déverser ces balivernes sur l’égo parce qu’ils craignent de ne pas avoir d’âme. Réfléchissez-y ! »

13 mars 2013

Les lieux sombres****, Gillian Flynn (le livre de poche 510 p)

lieux_sombresVrai coup de cœur pour ce thriller émouvant et sombre.

Libby a sept ans quand sa mère et ses deux sœurs sont assassinées. Le meurtrier est son frère Ben, qu’elle accuse. Vingt cinq ans plus tard, elle va revenir sur ce drame et essayer de comprendre qui était la famille Day. Dans un récit à plusieurs voix alternant passé et présent, on découvre le déroulement de la dernière journée du drame en parallèle de la recherche de Libby qui déterre par petits pans son enfance et ses souvenirs. Si cette construction un peu atypique réduit la tension dramatique, elle permet de s’attacher fortement à la famille Day et à l’héroïne dont l’immaturité agace de premier abord. La profondeur des liens familiaux,  la force des souvenirs communs construit dans l’enfance, la nécessité de la confiance sont les thèmes transversaux donnant à ce polar sa puissance.

 Profondément touchant.

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19 février 2013

Le club des incorrigibles optimistes*** – Jean-Michel Guenassia (Albin Michel)

club_optimistesUn premier roman surprenant de maîtrise, tant au niveau du rythme que de l’ambiance parfaitement reconstitué des années 60. L’entrée du héros dans l’adolescence lui permet de découvrir  le monde adulte sur fond de guerre d’Algérie et de communistes en exil. C’est ciselé, émouvant, si authentique que l’on pense à une autobiographie. Toute cette galerie de personnages nous attrape et nous laisse l’âme douloureuse au moment de refermer le livre ; on aimerait connaître la suite.

 Une très belle réussite.

3 février 2013

Au fond du zoo à droite** Edouard Launet (Points, 169 p)

ZooAncien journaliste scientifique, Edouard Launet nous retranscrit sous une forme compréhensible (et moqueuse) des expériences zoologiques quelque peu obscures. En petits chapitres de 2 pages, il nous explique avec malice comment réveiller un manchot, comment faire doubler de volume le sexe des papillons indiens, combien de temps un insecte peut vivre sans sa tête et plein d’autres choses utiles…

Si vous hésitez, comme je l’ai fait, entre rire et consternation à la lecture de sujets d’études aussi farfelus, plongez-vous dans ce livre. Vous y découvrirez l’utilité de ces études sur le monde animal, pourquoi les chercheurs tentent de réduire le rot des moutons (qui abîme la couche d’ozone), l’intérêt de l'iridescence du charançon (pour une avancée significative dans le secteur informatique), l’importance de la taille du sexe du papillon dans la prévention des famines. 

Pas aussi fous qu’on le croyait, ces scientifiques… Instructif et désopilant !

 Extrait :  Qu’y a-t-il de plus pathétique qu’un vieux cafard ? Une bande de vieux cancrelats. Les cafards (ou blattes, ou cancrelats) sont comme nous : ils vieillissent, s’ankylosent, boitent puis crèvent. Le phénomène avait été relativement peu étudié – on se demande bien  pourquoi – jusqu’à ce qu’en 2003 une équipe de biologiste de la Case Western University (Cleveland, Ohio) soumette la blatte à divers exercices : marche forcée sur mini-tapis roulant, ascension de plans inclinés, manœuvre de retournement, démarrage à froid en situation d’urgence. On ne peut exclure qu’un nuage de gaz hilarant soit passé sur Cleveland à l’insu de ses habitants.

27 janvier 2013

L’échappée belle, Anna Gavalda (le Dilettante, 164 p)

_chap_e_belleMalgré son format court et ses répliques amusantes qui en font une lecture agréable de week-end, je reste sceptique. L’avantage, c’est qu’avec ce 4ème livre, je cerne enfin ce qui me gêne chez cet auteur : son mépris des gens ordinaires. 

Au fil des livres, Anna Gavalda nous donne son échelle de la valeur humaine.  En haut de la chaîne de l’évolution des personnages à la vie bohème, au sens artistique développé, habitant préférentiellement de vieilles et immenses demeures. Au milieu, les héros qui parfois se cherchent mais tentent toujours d’évoluer vers la classe supérieure précitée. En bas les médiocres sans talent, travailleurs ordinaires sans folie, habitants de H.L.M. ou pire de petits pavillons. Les mères de familles organisées, et bien évidemment castratrices, représentant la sous-caste la plus décriée. 

Certes il est facile de rire dans cet ouvrage (et d’ailleurs je l’ai fait) de la pharmacienne guindée, mais doit-on pour autant adhérer à la vision primaire que nous présente l’auteur : petit pavillon de banlieue = petite vie étriquée ? Vie organisée = vie sans intérêt ? Je suis contente pour elle qu’elle ait connu le succès car elle aurait été bien malheureuse de rester dans ma catégorie, celle des gens quelconques, inconnus et sans prétention.

15 novembre 2012

Une pièce montée**, Blandine Le Callet. (Livre de poche 252 p)

Neufs tranches de vie pour reconstituer une journée, la journée de mariage d’un couple bourgeois de province.pi_ce_mont_e

Cela aurait pu être indigeste, fort heureusement le gâteau a été monté avec une mousse légère. Si on y retrouve des lieux-communs attendus (l’engueulade du couple de retardataires, les doutes du marié,  la belle-sœur impossible à caser), le traitement caustique et  décalé  leur donne une vraie fraîcheur. La famille y est présentée comme le grand lieu du conformisme, le mariage comme  la cristallisation de toutes ses attentes. Au milieu de tout cela, les personnages tentent d’exister et de trouver leur place, avec quelques conclusions inattendues.

 Court, plaisant, le livre de détente idéal pour un après-midi.

 Extrait : Au fil des années, il lui est apparu comme une douloureuse évidence que personne n’espérait trouver en lui une aide véritable. Au fond, les gens ne croient pas qu’un homme menant une vie comme la sienne – une vie si différente- puisse leur être d’un grand secours. C’est une erreur, bien sûr, mais c’est ainsi. Il a compris que les fidèles ont surtout besoin d’une figure locale, dont ils savent qu’elle sera toujours à sa place, une sorte de père inoffensif dont on connait par cœur les leçons, même si on a besoin qu’il les répète tous les dimanches, à l’infini.

4 novembre 2012

Beignets de tomates vertes**, Fannie Flag (Poche)

beignetsChronique vivante et colorée de l'Alabama, le récit est porté par deux narratrices : une femme dépressive traversant la crise de la cinquantaine dans les années 80, et une vieille dame pleine de vie qui égrenne ses souvenirs des années 30 et en particulier ceux du café " le Wistle Stop".  Les personnages très attachants et l'énergie qui se dégage de l'époque de la Grande Crise sont les grands atouts de cette histoire. Les protagonistes empoignent la vie à pleines mains sans se poser de questions et le contraste entre les deux époques est bien rendu. Le racisme et la ségrégation, omniprésents, sont traités avec finesse également.

Malgré toutes ses qualités, je dois reconnaître que je suis passée un peu à côté de ce livre visiblement très apprécié.  L'aller-retour permanent entre les deux époques a été un frein à mon entrée dans le récit et malgré l'intérêt des histoires je suis restée spectatrice sans jamais réussir à y croire vraiment. J'ai largement préféré "La couleur des sentiments" de Kathryn Stockett situé dans le sud des Etats-Unis dans les années 50.

 

30 septembre 2012

La couleur des sentiments***, Kathryn Stockett. ( Ed. Jacqueline Chambon, 526 p)

Extrait de la postface de l'ouvrage : " Il n'y a pas de sujet plus risqué pour un écrivain du Sud que l'affection qui unit une personne noire et une blanche dans le monde inégalitaire de la ségrégation. Car la malhonnêteté sur laquelle est fondée une société rend toute émotion suspecte, rend impossible de savoir si ce qui s'est échangé entre deux personnes était un sentiment loyal, de la pitié ou du pragmatisme."Howell Raines

couleur_des_sentimentsEcrivain Blanche du Sud, Kathryn Stockett a réussi ce pari difficile : parler avec justesse des sentiments entre blanc et noirs dans le cadre de la ségrégation. Ses personnages de bonnes noires sont magnifiques. La jeune blanche, qui cherche à égratigner ce système injuste et règle en même temps ses comptes, est touchante. Ce sont de beaux portraits croisés de femmes, montrant la profondeur comme la complexité de leurs relations, l'âpreté de leurs règlements de compte. 

On trouve tant d'humanité dans cet ouvrage qui sonne si juste.  Alors, même si l'auteur nous dit : "Je n'irai pas jusqu'à penser que je sais ce qu'on ressent quand on est une noire dans le Mississippi, surtout dans les années 1960. (...) Mais tenter de comprendre est vital pour l'humanité." Elle a réussit à nous le faire comprendre ; merci à elle pour ce livre admirable.

30 septembre 2012

Saga**, Tonino Benacquista. (Folio 439 p ) Grand prix des Lectrice de Elle 1998.

saga_2Quatre scénaristes au rebut sont chargés d’écrire une série télé, série programmée en pleine nuit pour aider le producteur à remplir ses quotas de production française. L’absence d’intérêt de leur employeur pour leur travail va leur permettre de bénéficier d'un liberté de ton totale, mais la machine va finir par s’emballer…

Amusante satire du monde télévisuel et de l’autocensure permanente qui y règne. Les ficelles du livre sont assez visibles et on n’est guère surpris, mais emmené agréablement jusqu’au bout, on ne lâche pas le bouquin en cours de route.

 Très plaisant et sans prétention.

 Extrait : « A force de nous cacher derrière un rempart de fiction, dans un ailleurs où nous sommes les maîtres absolus, ce monde réel nous semble si loin. Si sauvage. Il n’obéit à aucune logique, aucune progression dramatique. Du strict point de vue de la vraisemblance, le réel n’est pas crédible une seconde et personne ne fait rien pour y changer quelque chose. Il faudrait sans doute élire des scénaristes pour imaginer notre histoire à venir. »

  

30 septembre 2012

Le soleil des Scorta*** Laurent Gaudé (Actes Sud 246 p - Prix Goncourt 2004)

le_soleil_des_scortaGoncourt mérité pour ce beau livre, âpre, puissant.

Sous le soleil brûlant du sud de l’Italie, sur une terre desséchée et pauvre, le destin d’une lignée maudite suivie de génération en génération, la famille Scorta. Histoire intemporelle d’une famille qui cherche à échapper à son destin miséreux et à ce soleil destructeur. Histoire de vengeance et d’amour, de solidarité et de transmission familiale. Cette belle écriture nous fait redécouvrir au fil des pages toute la saveur de la vie.

 Extrait : Longtemps, l’odeur chaude et puissante du laurier grillé resta, pour eux, l’odeur du bonheur.

 

4 septembre 2012

Contes de la Folie ordinaire*, Charles Bukoswski ( Livre de Poche)

contes_folies_ordinairesDépravé, alcoolique, bagarreur, prêt à baiser son meilleur ami  s’il tombait par hasard dans son lit, Bukoswki est la version américaine trash de notre « Gros Dégeulasse » national (Reiser). La principale différence : Charles Bukoswski  existe. L’auteur alterne de courts récits de fiction avec des épisodes autobiographiques dans lesquels il paraitrait presque sympathique à force de défauts.  Affligeants, consternants, parfois franchement drôles, toujours édifiants, ces contes ne laissent pas insensible.

 Une mention spéciale à la nouvelle dans laquelle l’héroïne transforme son conjoint en godemiché.

12 septembre 2012

La consolante, Anna Gavalda (le Dilettante - 637 pages)

la_consolanteTrès agaçant ! Je suis encore étonnée de l’avoir fini. J’ai mis longtemps à me décider à relire Anna Gavalda,  encensée par tant de lecteurs et dont j’avais pour ma part gardé le souvenir d’un auteur médiocre (Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part). Ne voulant pas passer pour butée, je m’y suis remise et la lecture D’ensemble c’est tout m’avait réconcilié avec l’auteur. Un peu cul-cul certes, mais  du cul-cul agréable, de temps à autre, cela fait du bien.

Celui-ci est cul-cul aussi mais dans le genre horripilant. Le héros (ou devrait-je dire l’antihéros) gâche sa vie avec une belle constance tout en s’apitoyant sur son sort, d’où le côté agaçant…Le décès d’une ancienne amie (dont il n’a pris aucune nouvelle depuis 20 ans) lui donne l’occasion d’un pèlerinage et l’audace de juger sans vergogne tous ceux qui l’ont laissée, comme lui, mourir dans la misère et dans l’oubli. Mais lui, ce n’est pas pareil, il est gentil… Mes dents grincent… Finalement il croise dans ce voyage la femme idéale, étrangement semblable à cette amie d’enfance, cette femme extraordinaire…Nous voici au milieu du livre, la fin est plus qu'évidente. Si au moins ils ne mettaient pas 300 pages de plus pour s'embrasser ! C'est long, c'est long, quel ennui. 

Anna, ne m’en veux pas, mais j'en resterai là…. 

12 septembre 2012

Les vacances anglaises, suivi de N’oublie pas mes petits souliers***, Joseph Connolly (Seuil)

vacances_anglaises_2C’est une peinture de mœurs, caustique et enlevée, de la moyenne bourgeoisie anglaise. Tout le premier roman présente les personnages et leur principal projet : une semaine de vacances dans une station balnéaire anglaise. Le deuxième nous narre les vacances. Un scénario très mince, donc,  et des personnages frivoles : ce n’était pas gagné d’avance.

Mais Connolly a un humour anglais très plaisant, l’art de créer des personnages atypiques et attachants. On se retrouve dans tous ces portraits croisés, dans leurs espoirs et leurs fêlures, on s’attache et nous voilà au bout des 2 tomes sans rien avoir vu venir. On les quitte comme on quitterait des amis. Une mention spéciale pour le narrateur principal, qui porte sur ses proches un regard lucide et désabusé.

Ces deux livres ont été condensés en un film, agréable mais plus léger que les livres, dans lequel joue Jacques Dutronc.

 

9 septembre 2012

Les venins de la Rose**, Alexandre Torcquet (Albin Michel)

les_venins_de_la_roseVoici l’histoire haute en couleur de la mère de Guillaume le Conquérant, une frilla (concubine de l’époque) qui parvint à faire de son fils un roi. Habitant la Normandie, j’ai été très surprise de ne jamais avoir entendu parler de cette femme à la vie passionnante, qui a tenu un rôle majeur dans  l’Histoire Normande.

Femme passionnée, empoisonneuse à ses heures, le récit de sa vie est fascinant et si surprenant que je me suis parfois demandé si l’auteur n’inventait pas…

 Une lecture très plaisante et un éclairage inattendu sur la Normandie.

12 septembre 2012

Pars vite et reviens tard**, Fred Vargas (J’ai lu, 347 pages)

pars_vite_et_reviens_tard_2 Fred Vargas a construit des policiers à  l’exacte opposé des ouvrages « traditionnels » du genre. Ici, pas d’enquête méticuleuse à la Hercule Poirot, pas d’univers sombre et violent à la James Ellroy, et parfois même pas une tentative d’enquête qui tienne la route !

 Mais Fred Vargas a une autre arme : Le commissaire Adamberg.  Montagnard d’origine, doux, rêveur, intuitif, beau à sa façon mais surtout plein de charme, il est parfaitement inadapté à la vie moderne et plus encore à son métier. Doté d’un acolyte alcoolique et père célibataire de 4 ou 5 enfants, l’équipe de choc est constituée…

Amateur de logique et d’enquête bien léchée : tournez les talons ! Les autres prendront beaucoup de plaisir à ces enquêtes dans lesquelles l’intuition prime sur le raisonnement et la logique. Peut-on résister à Adamberg ?

 Mes préférés dans cette série sont : Pars vite et reviens tard, Sous les vents de Neptune qui revient sur l’enfance du commissaire, et L’homme à l’envers dans lequel il retrouve sa dulcinée Camille. Sinon, dans L’homme au cercle bleu on découvre Mathilde, la mère de Camille. Coule la Seine est un recueil de 3 petites nouvelles. J’ai été déçue par Dans les bois éternels, j’ai trouvé que l’auteur poussait le bouchon un peu trop loin, mais l’équilibre de ce genre d’ouvrage n’est pas toujours facile à trouver.

 Extrait : Joss avait compris depuis longtemps que les choses étaient dotées d’une vie secrète et pernicieuse. Hormis peut-être certaines pièces d’accastillage qui ne l’avaient jamais agressé, de mémoire de marin breton, le monde des choses était à l’évidence chargé d’une énergie toute entière concentrée pour emmerder l’homme. La moindre faute de manipulation, parce que offrant à la chose une liberté soudaine, si minime fut-elle, amorçait une série de calamités en chaîne pouvant parcourir toute une gamme, du désagrément à la tragédie. Le bouchon qui échappe aux doigts en était, sur le mode mineur, un modèle de base.  

30 août 2012

Janua vera **– Jean Philippe Jaworski – (Folio SF ) Prix du Cafard cosmique 2008.

janua_veraRecueil de nouvelles situées dans un univers médiéval fantastique, c’est un livre réussi. J’avais pris ce conseil de lecture sur internet, mais les critiques des internautes étant dithyrambiques, j’ai été un peu déçue en le lisant.

S’il n’est pas exceptionnel, il a par contre une belle qualité d’écriture et curieusement les histoires m’ont imprégné  longtemps, à la façon des contes d’enfance. Deux ans après, je les garde toutes en mémoire comme si je l’avais lu dans le dernier mois.

C’est pour cette raison que je le recommande.

30 août 2012

Nécropolis**, Herbert Lieberman (Seuil/Points, 1995, 505 pages)

n_cropolisPassionnant, très sombre, avec comme personnage principal  le médecin chef de la Morgue de New-York.

Une découverte de  l’intérieur du travail de médecin légiste (âmes sensibles s’abstenir !). Ce livre réussit  le pari difficile de  nous faire partager la passion du héros pour son métier, et sa quête de vérité. Mais l’ambiance générale du livre est pessimiste, le médecin paye au prix fort son investissement total à son métier et son absence d’intérêt pour les vivants.

A mon sens, le meilleur roman de Lieberman.

27 septembre 2016

Sacrifices**, Pierre Lemaitre (Livre de poche, 352 p)

sacrifices

Cet opus plus introspectif achève le cycle des enquêtes de Verhoeven en lui permettant de « boucler la boucle » d’une vie privée difficile. 

Moins rythmé et moins violent que Alex, il souffre de quelques incohérences notamment au niveau des motivations des personnages.

Le talent d’écriture de Lemaitre lui permet toutefois de rester au niveau des bons polars et cette plongée dans la vie privée de Verhoeven offre à ses fans (dont je suis) un bon moment de lecture.

26 septembre 2017

Étrange suicide dans une fiat rouge à faible kilométrage* (L.C. TYler, 272 p)

etrange_suicide

Le démarrage très prometteur, riche de répliques savoureuses et d’humour vachard, s’essouffle malheureusement assez vite : l’intrigue manque un peu de peps ; les deux personnages principaux en font des tonnes et finissent par faire tomber l’humour à plat. 

A cheval entre le polar et le « roman d’humour », cet ouvrage paye peut-être la note de cette absence de choix. 

2 février 2017

Le jeu de l’ange, Carlos Ruiz Zafon (Robert Laffon, 537 p)

jeu_de_l_ange

L’auteur à succès de L’ombre du vent reprend ses ingrédients, et au départ la mayonnaise prend plutôt bien : personnages attachants, belles descriptions de l’ancienne Barcelone, et quelques réflexions intéressantes sur la religion. 

Puis voici qu’au milieu de l’ouvrage tout se délite. Trop de fantastique, de morts improbables, de rencontres dans les cimetières… l’ouvrage sombre dans le grandguignolesque pour ne plus en sortir. 

 Le temps perdu à cette lecture décourage d’en faire une critique plus longue. 

7 décembre 2016

La vérité sur Lorin Jones**, Allison Lurie (Rivages, 405 p)

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Idée astucieuse que celle de lancer une biographe sur les traces de sa peintre favorite, Lorin Jones, morte prématurément. 

Ce projet se transforme vite en enquête, chacun des proches de la peintre ayant tout intérêt à paraître à son avantage dans le déroulement de ce destin tragique. Qui dit vrai, qui ment ? La personnalité de Lorin Jones était-elle vraiment celle que la biographe supposait ? L’écriture plaisante de Lurie donne tout son charme à cette partie de poker menteur et la première moitié du livre se lit très agréablement. 

La deuxième partie m’a moins séduite : le choix de situer la biographe dans un milieu de femmes homosexuelles entraîne l’auteur vers quelques clichés, le dénouement à l’eau de rose ne se révèle pas à la hauteur des promesses de la première partie.  

Bilan mitigé. 

28 septembre 2016

Comme dieu le veut**** Nicolo Ammaniti ( Livre de poche, 531 p)

comme_dieu

Difficile de croire que la volonté divine se cache derrière le destin de ces exclus du consumérisme italien…

Cette histoire d’une grande puissance démarre dans une veine de «  roman social américain » pour se transformer rapidement. 

En quoi ? Critique sociale, tragédie, bouffonnerie ?

Tout cela ensemble,  car on rit souvent à la lecture de cette dérive effrayante décapée par un humour grinçant ;  on s’inquiète pour l’affreux Rino Zena, alcoolique et pro-nazi ;  on pleure d’un œil sur le sort du malheureux Quattro Formaggi tout en le maudissant de l’autre. Et on regarde Cristiano, cet enfant, nous donner une vraie leçon d’amour comme une leçon de vie. 

Magistral ! 

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