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La 5ème de couv
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27 septembre 2017

L’âme du chasseur**, (Points, 472 p)

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Belle découverte de l’Afrique du Sud contemporaine grâce à ce roman plus orienté espionnage que polar trépidant.

 « Madiba était notre Moïse et il nous a emmenés jusqu'à la terre promise, mais il n'y avait ni lait, ni miel ». Comment construire cette jeune nation sinon en faisant collaborer les anciens ennemis d’hier, qui forment les services de renseignement d’aujourd’hui?

Les personnages attachants et complexes (un peu nombreux peut-être), leurs convictions comme leurs désillusions donnent du charme à ce road-movie un peu lent, enrichi par une réflexion intéressante sur la difficile transition post-apartheid.

2 étoiles et demi. 

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4 août 2017

Le fils***, Philipp Meyer (livre de poche, 783 p)

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Des trois récits retraçant l’histoire de cette famille texane de 1850 à 1940, celui d’Elie justifie à lui tout seul la lecture de ce superbe livre. Enlevé adolescent par les indiens, son intégration dans la culture Comanche, décrite avec humour et minutie, apporte un éclairage rare sur la vie indienne et sur son génocide.

Le personnage de Peter, le fils, pacifiste et trop moderne pour s’intégrer dans cet univers dans lequel la loi du plus fort prédomine, assure une transition émouvante entre les époques. Seul le récit de Jeannie, la petite-fille à la vie beaucoup plus convenue, allonge un peu inutilement l’ouvrage.

De l’arrivée des colons à l’installation des derricks en passant par la guerre mexicaine, un siècle de conquête et de violence nous est raconté ici. Cette grande fresque, riche en péripéties, fait découvrir de façon très agréable tout un pan de l’histoire américaine.

18 août 2014

Dans l’ombre des Tudors, Hillary Mantel (éd. Sonatine) Tome 1 Le conseiller*** - Tome 2 : le pouvoir*** (474 p)

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Le style très spécifique forme à la fois l’atout charme et le point faible de ce roman historique foisonnant. Impossible de relâcher sa vigilance face au grand nombre de personnages, à l’utilisation assez floue des pronoms et aux conversations qui démarrent parfois sans indications du narrateur initial. C’est quitte ou double ! 

Une fois acclimaté, le personnage de Cromwell fascine par sa complexité ; l’atmosphère bien rendue de l’époque offre le plaisir d’une lecture que l’on mène tambour battant, en attendant la sortie du troisième et dernier volume.

Un bon moment de lecture.

3 mars 2015

Longues peines**, Jean Teulé (Pocket, 184 p)

longues_peinesUn regard inattendu sur les prisons, un ton à la fois badin et décalé, et pourtant Jean Teulé réussit à nous faire partager cette douce folie qui nait de l’enfermement permanent ; prisonniers et gardiens pris dans le même bateau, si proches les uns des autres dans le quotidien de leurs journées et qui cherchent la minuscule lueur d’espoir qui leur permettra de continuer.

Tout est vrai dans ce roman tiré de faits réels, tout est faux également car aucune prison ne les a certainement cumulées tous ensemble. C’est touchant et cruel, drôle parfois, l’écriture poétique de l’auteur protège le lecteur de la dureté du monde qu’il décrit.

Plus une fable qu’un roman, une expérience de lecture surprenante.

9 septembre 2015

Le diable, tout le temps**, Donald Ray Pollock (livre de poche, 403 p)

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Sombre, très sombre. 

Un vrai roman noir américain, emplis de personnages perdus et monstrueux.

Tout serait bon à jeter : les personnages, l’histoire, le livre si tous ces protagonistes ne possédaient leurs propres failles. Ces liens qui les rattachent à d’autres, leurs obsessions, leurs dévouements, éclairent ces destinées humaines misérables et nous les rendent attachants, presque sympathiques. 

Très loin des histoires de tueurs en série, ce récit nous projette sur des gens ordinaires qui ont basculés et chutés, sans espoir de rédemption. 

 Non, le diable n’est pas présent tout le temps dans cet ouvrage qui parle finalement aussi beaucoup d’amour, il semble surtout partout, tapi en chacun de nous. 

Un grand livre que l'on referme avec un certain soulagement. 

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2 septembre 2015

N’oublier jamais, Michel Bussi (Pocket, 542p)

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La première moitié alléchante (qualité de l’intrigue, densité du personnage principal) donne quelques inquiétudes quant à sa résolution : comment l’auteur va-t-il se sortir de la situation compliquée dans laquelle il a imbriqué son héros ? 

Inquiétudes justifiées : on pressent la machination  et lorsqu’elle se dévoile, elle fait un peu sourire tant les pièces s’emboitent merveilleusement. Admettons !

Mais comme pour les matriochkas, la machination cache d’autres intrigues, qui vont ensuite mettre à jour un nouveau niveau de révélation.

Est-ce qu’à la fin tout cela se tient ? Si la patience du lecteur n’a pas été usée par tous ces revirements, peut-être… les autres trouveront cette histoire tout simplement trop tirée par les cheveux. 

Il semble que Nymphéas noirs soit plus intéressant, je tenterai un autre essai avec cet auteur. 

12 mai 2015

Les vivants et les morts **– Gérard Mordillat (éd Livre de poche, 829p)

vivants_et_mortsUne forme  d’écriture qui n’est pas suffisamment à la hauteur du fond.

L’histoire de ce bassin industriel a l’intérêt de nous faire rentrer au cœur de la douloureuse réalité de la désindustrialisation. L’auteur y aborde de façon pragmatique l’impact de la vie de l’usine sur le quotidien de ses personnages, en évoque tous les aspects ; la fierté, l’amour physique, les angoisses de fin de mois, les problématiques d’égalité de la femme dans ce contexte difficile.

Il a le mérite de nous faire réaliser à quel point la situation est insoluble pour un certain nombre de laissés-pour-compte et on ressent pleinement l’injustice de leur situation.

Cependant j’ai regretté le grand nombre de dialogue mal formulés, trop plats (y a quoi à midi ? Du hachis…)  ou au contraire trop grandiloquents pour qu’on puisse les visualiser dans la bouche des personnages. Certaines histoires parallèles et les nombreuses d’intrigues amoureuses semblent superflues.

Trois étoiles pour l’intention et une seule pour la réalisation. N’est pas Zola qui veut.

Extrait :

« Il compte sur ses doigts :

-Un, tu n’as rien à toi : ta maison elle est à la banque ; le jour où ils te ferment le robinet, t’es à la rue. Deux, en théorie tu peux aller où bon te semble, en réalité comme t’as pas un sou devant toi, t’es bien obligé de rester là où tu es ! Je ne te demande pas où tu vas en vacances, je connais la réponse : tu restes là, t’es assigné à résidence. Trois, tu travailles pour gagner tout jsute ce qui te permet de survivre, rien de plus. Et si tu t’avises de te plaindre, le peu que tu as, on te l’enlève pour t’apprendre les bonnes manières.Alors tu la fermes parce que ta baraque, ta femme, tes gosses…

Alors d’accord, t’es pas fouetté, t’es pas vendu sur le marché, t’as le droit de vote et le droit d’écrire dans le courrier des lecteur de La voix que t’es pas d’accord avec ce qui t’arrive, t’as la liberté d’expression. Quelle liberté ? »

15 janvier 2015

Aztèques Dansants**, Donald Westlake (Payot / Rivages noirs, 484 p)

aztequesPrécisons tout de suite aux amateurs de Policiers que l’histoire ne présente aucun rapport avec l’univers traditionnel du polar : ni crime, ni enquêteur, ni ambiance noire.

Westlake a créé CINQUANTE personnages dans cette l’histoire (les noms sont fort heureusement repris dans une liste située en début d’ouvrage) et il a réussi l’exploit de donner une personnalité à chacun d’entre eux.

On peut regretter que toute cette énergie créatrice n’ait pas été mieux exploitée. La course poursuite après les Aztèques Dansants est endiablée et amusante, les deux principaux personnages attachants, seulement tout cela pour quoi ? La conclusion à un air de pétard mouillé.

Dans ce style décalé et loufoque, ma préférence va plutôt au Lézard lubrique de Mélancoly Love de Christopher Moore.

19 décembre 2014

La petite fille de Monsieur Linh*, Philippe Claudel (livre de poche, 183 p)

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Service minimum pour ce bon auteur : moins deux cents pages imprimées dans une typographie pour malvoyant et un récit simpliste écrit dans un style à l’unisson.

L’histoire oscille en permanence entre le charmant et le niais, selon l'humeur, et semble surtout destinée à plaire au plus grand nombre, ce que confirme sa notation Amazon à 4 étoiles 1/2 sur 127 lecteurs.

Est-ce une commande éditoriale ? 

17 décembre 2014

La grande fenêtre*, Raymond Chandler (Folio Policier, 277 p)

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Raymond Chandler a jeté les bases du roman noir avec son enquêteur privé, Philip Marlowe et l’on ressent encore son influence sur certains romans policiers récents (un personnage de la Trilogie Berlinoise semble d’ailleurs directement sorti de ce livre). 

Malheureusement l’ensemble a pris des rides. Les dialogues émaillés de termes argotiques passés de date font sourire ; l’étude psychologique des personnages est à l’avenant :  tout semble un peu forcé et caricatural. 

Réservé aux amateurs curieux.

22 janvier 2013

Quai de Ouistreham** – Florence Aubenas (éd l’Olivier, 276 p)

quai_de_ouistrehamPour mieux comprendre les conséquences de la crise, Florence Abenas, femme privilégiée travaillant comme grand reporter à Paris, décide en 2009 de recommencer « en bas de l’échelle », sans expérience ni diplômes afin d’appréhender la réalité du monde du travail pour les publics moins favorisés.  A la fois naïve et courageuse, elle s’aperçoit rapidement qu’elle n’est pas bonne à grand-chose et surtout, qu’elle n’intéresse pas les employeurs.

C’est un livre sincère, méritant et intéressant, plus encore pour les Normands car le récit se situe à Caen. Merci à elle pour cette démarche éclairante sur les conséquences de l’émiettement des heures de travail et de la paupérisation qui en résulte.

18 janvier 2013

Courir avec des ciseaux*** Augusten Burroughs (éditions 10/18, 317 p)

courir_avec_ciseauxAugusten Burroughs nous narre avec humour son adolescence passée au milieu d’adultes sans repères. On rit d’un œil, on pleure de l’autre, on est bringuebalé d’un bout à l’autre jusqu’à la fin du récit. Impressionnant de lucidité et de détachement, très cru parfois, il nous livre une histoire qui serait effroyable sans cet humour omniprésent. Voici la preuve que la folie n’est pas contagieuse. Respect !

Extrait : Nous possédions un trésor : la liberté. Personne ne nous disait qu’il était l’heure d’aller au lit. Personne ne nous disait d’aller faire nos devoirs. Personne ne nous disait que nous ne pouvions pas boire deux packs de Budweiser pour aller ensuite vomir dans la machine à laver. Alors, pourquoi nous sentions-nous à ce point prisonnier ?

2 mai 2014

La mort du Roi Tsongor***, Laurent Gaudé (livre de poche, 219 p)

mort_roi_tsongorTsongor, grand souverain africain, dirige un royaume conquis après de longues années de guerre. La veille du mariage de sa fille, un ami d’enfance de celle-ci surgit pour exiger sa main. Le roi doit trancher entre les deux prétendants. 

Ce roman théâtralisé, aux phrases courtes et hachées, emprunte sans scrupules à tous les horizons (histoire d’Hérode, guerre de Troie, jardins de Babylone, armée enterrée, amazones) pour créer un conte à portée universelle sur la conquête et la guerre. 

Le style, tout comme cette prétention à l’universalité, pourra irriter légitimement certains lecteurs. Pour moi cela a fonctionné, j’ai beaucoup aimé. 

Cette fable africaine m’a remémorée les rois Zoulous Shaka et Digane (cf l’Alliance de Michener). Rythmée par d’incessantes batailles, elle forme une réflexion sur le pouvoir et sur le sacrifice, sur la honte et la rédemption, sur l'exil. Elle n’enjolive pas les héros. En renvoyant tous les personnages à leur nature profonde, à leur propre bestialité, elle offre une représentation réussie de l’aspect barbare de l'humanité toute entière. 

Beaucoup de talent et une belle réussite. 

8 septembre 2012

Dune 1 et 2****, Franck Hebert - Pocket

duneUn grand classique de pure SF ! Franc Hebert a réussi à créer un univers complet cohérent : planète, système social, castes. On n’y est pas submergé de termes techniques censés représenter à eux seul la nouveauté, comme dans certains mauvais romans de SF. Le système social est resté féodal et la principale évolution  tient à l’existence d’écoles d’éducation qui ont développé chez leurs membres des compétences hors normes afin de les amener à tenir une fonction sociale précise. Le héros Paul, 15 ans a été formé par sa mère à une éducation réservée exclusivement aux femmes : l’école Bene Gesserit. Mais les Bene Gesserit ont un but. Et Paul ne sait pas encore si sa destinée fait partie ou pas de leurs plans.

La grande force de ce livre vient de la cohérence et de l’originalité de son univers. Les personnages sont bien développés et l’essentiel du livre est axé sur leurs relations, leur capacité à se séduire, se corrompre, se trahir. Plus de la politique que de la SF finalement.

Je suis une inconditionnelle, et je les ai lus plusieurs fois tout les deux. Mon conseil : savoir s’arrêter après les deux premiers (voire trois) premiers tomes qui forment un ensemble cohérent et ne pas entamer les 5 (ou 6 ?) tomes suivants, qui cherchent à prolonger indéfiniment  le succès du départ.

 Extrait: Arrakis enseigne  l’attitude du couteau : couper ce qui est incomplet et dire : « Maintenant c’est complet, car cela s’achève ici ». Extraits de Les dits de Muad’dib, par la princesse Irulan.

 

2 septembre 2012

99 francs **, Frédéric Beidbeder (Grasset)

99_francs_2Critique féroce (et drôle) de la publicité et de ses dérives. L’auteur est lui-même issu de ce milieu dans lequel il a travaillé 10 ans, et il met en cause l’influence néfaste de la publicité sur la société. Sans être totalement autobiographique, le récit semble très proche du vécu de l’auteur, et les réflexions qui en ressortent sont intéressantes.

Cela aurait pu vraiment  être un bon bouquin, mais l’auto-apitoiement du héros agace, et le final délirant saborde le livre. Une impression mitigée au final. Dommage !  Le début promettait beaucoup.

 Extrait : « Je suis publicitaire : eh oui, je pollue l’univers. Je suis le type qui vous vend de la merde. Qui vous fait rêver de ces choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nana jamais moches, un bonheur parfait, retouché sur Photoshop. Images léchées, musiques dans le vent. Quand, à forces d’économies, vous réussirez à vous payer la bagnole de vos rêves, celle que j’ai shooté dans ma dernière campagne, je l’aurai déjà démodée. »

12 septembre 2012

Kafka sur le rivage****, Haruki Murakami (coll 10/18)

kafka_sur_le_rivage_2Un livre lent, poétique, émouvant. 

Kafka a quinze ans et doit se construire avec cette certitude : sa mère est partie en emmenant sa sœur et en l’abandonnant. Qui est-il ? Pourquoi l’a-t-elle abandonné ? 

 «Le jour de mes quinze ans, je ferais une fugue. Je voyagerai jusqu’à une ville inconnue et lointaine. » Réussira-t-il  à ouvrir la pierre de l’entrée ? Peut-on vivre sans la certitude d’être aimé ?

Voilà la question qu’Haruki Murakami pose délicatement tout au long de ces pages. Les chats parlent, les vies des personnages se répondent sans se croiser, l’histoire porte en elle toutes les incohérences de la vie. Un de mes romans préférés.

 Extrait : Qui a pris cette photo ? Quand et sur quelle plage ? Pourquoi ai-je l’air aussi heureux ? Comment est-il possible que j’aie l’air aussi heureux ? Pourquoi est-ce la seule photo de famille  que mon père ait gardé ? Tout cela est bien énigmatique. Je dois avoir trois ans sur ce cliché et ma sœur neuf. Je m’entendais donc si bien avec elle ? Je n’ai aucun souvenir de vacances au bord de la mer. Je n’ai aucun souvenir de vacances où que ce soit.

 

2 septembre 2012

Le Liseur*, Bernhard Schlink. (Folio 243 p )

le_liseur Un jeune homme de 15 ans tombe amoureux d’une femme de 35 ans mise en cause par la suite dans un des procès d’après-guerre.  Il finit par percer son secret et tente de s’expliquer en partie sa conduite.

 Je n’ai pas été emballé par ce livre qui se lit agréablement mais qui m’a semblé cousu de fil blanc. Le secret de l’héroïne semble évident et sa conduite peu compréhensible. Ce livre n’apporte pas de nouvel éclairage dans la compréhension des camps de la mort. Il y a toutefois quelques réflexions intéressantes sur la rupture générationnelle qui s’est produite en Allemagne et sur la difficulté pour les jeunes allemands de porter l’héritage de l’histoire.

 Extrait : « Vous ne saviez pas que vous envoyiez ces détenues à la mort ?

_ Si, mais les nouvelles détenues arrivaient et il fallait que les anciennes leur laissent la place.

-Donc, pour faire de la place, vous avez dit : toi, toi et toi, vous allez être renvoyées et mises à mort ? »

Hanna ne comprit pas ce que le président voulait lui demander.

-J’ai…Je veux dire… Qu’est-ce que vous auriez fait ? » Hanna posait la question sérieusement. Elle ne savait pas ce qu’elle aurait dû ou pu faire d’autre, elle voulait donc savoir du président, qui semblait tout savoir, ce que lui aurait fait. »

 

30 août 2012

God save la France**, Stephen Clarke (Pocket, 318 p)

god_save_la_franceLes tribulations d’un jeune anglais qui vient travailler à Paris, et doit s’adapter à l’immense différence de culture qui sépare visiblement les deux pays. C’est bien sûr écrit par un anglais. C’est drôle, gentiment moqueur et cela ne se prend pas au sérieux. Le livre est court, plaisant, et on rentre tout de suite dedans. Idéal pour des lecteurs peu réguliers ou un trajet en train.

 Extrait : Mon ami Chris m’avait prévenu : Ne va pas en France. Là-bas la vie est classe, femmes politiquement incorrectes, sous-vêtement classes. L’ennui, c’est que les Français sont impossibles à vivre (…)  - Excuse-moi, avais-je répondu, je dois tirer au clair cette histoire de sous-vêtements.

4 novembre 2012

La délicatesse*, David Foenkinos (Pocket)

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Un titre alléchant pour un résultat peu convaincant. Si l'auteur réalise quelques bons, voire très bons passages, il plombe le livre avec des notes de bas de pages prétentieuses, des entrées de chapitre ridicules (ex : la liste des albums que Lennon aurait composé s'il n'était pas mort) et une histoire trop molle pour accrocher le lecteur. Ne vous laissez pas abuser par les 10 prix littéraires mis en avant par l'éditeur pour doper ses ventes, il s'agit essentiellement de prix distribués par des cercles de villages.

Facile à lire mais trop inégal.

 

7 octobre 2015

Les douze tribus d’Hattie***, Ayana Mathis (éd Gallmeister, 311 p)

Très beau premier roman, simple et puissant. 

Après avoir fui le racisme de la Georgie en 1920, Hattie deviendra mère de douze enfants. Sa vie, semblable à celles de beaucoup d’autres femmes de cette époque, mères italiennes ou irlandaises, est dévoilée en filigrane au travers d’un moment particulier de la vie de ses enfants. On reconstruit ainsi à la fois la personnalité complexe d’Hattie comme les répercussions de l’éducation qu’elle leur a donnée ; ses sacrifices, ses combats, les failles créées par l’absence de tendresse de cette mère qui devait chaque jour trouver de quoi les nourrir et les vêtir.   

Beaucoup de lecteurs pourront retrouver dans ce récit lumineux une part de leur histoire familiale du XXème siècle. 

24 mars 2015

L’auberge de la Jamaïque, Daphnée du Maurier (Livre de Poche)

Faut-il reprendre les lectures anciennes ? C’est la question que m’a posée ce roman.

Je me faisais une joie de retrouver Daphnée du Maurier dont j’avais, voici plus de vingt ans, beaucoup apprécié Ma cousine Rachel. Je suis passée finalement à côté de ce livre dont je n’ai vu que l’aspect vieillot, l’ambiance lugubre qui m’a semblée créée de toutes pièces, les personnages peu crédibles, la fin attendue.

Tel un théâtre dont on verrait les coulisses, la magie s’est dissipée et ne reste que le regret d’avoir défloré un bon souvenir de lecture.

27 janvier 2015

La clé de verre**, Dashiell Hammet (Folio Policier, 294 p) – Trad. 2009

Plus une intrigue politique que policière, ce roman apporte l’ambiance que j’ai attendue en vain chez son contemporain Chandler. La qualité de la traduction est peut-être la raison de cet écart entre ces deux fondateurs du roman noir car cet ouvrage a été retraduit intégralement en 2009.

Un internaute a posté un courrier très intéressant au sujet des mauvaises traductions des polars dans l’édition française :

http://thecanniballecteur.wordpress.com/2014/09/21/3189/

 et cette explication m’a  éclairé sur l’aspect très décousu des dialogues de Chandler : j’avais eu constamment l’impression qu’il en manquait des morceaux (traduction de 1949)

Pour en revenir à la Clé de verre, l’aspect intemporel de sa thématique politique lui a de ne pas trop vieillir. Amitié, amour, trahison, jalousie, tous les ressorts humains sont présents et traités finement. Plaisant.

10 mai 2014

La cuisinière d’Himmler****, Franz Olivier Giesbert (Gallimard, 369 p)

Que les amateurs d’histoire passent leur chemin, ce personnage de mamy centenaire qui retrace sa traversée du XXème siècle (dans un esprit proche du livre Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, d’ailleurs cité dans les sources) est aussi passionnant qu’improbable. 

Vrai coup de cœur pour cette femme haute en couleur, pragmatique, à la force de vie inépuisable. Si ce récit n’est en rien biographique, et même parfois tiré par les cheveux, il forme un hommage à tous ceux qui ont traversé la grande boucherie que fut ce siècle, qui ont su s’en relever, et ont eu la force de croire que la vie était toujours devant eux. 

Une belle surprise. Très appréciable également : la citation des sources à la fin de l’ouvrage ainsi que les recettes de cuisine.

24 avril 2014

Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la

 Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous)  qui le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver un bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime. Vous connaissez sans doute un voilier nommé « Désir ».

Eloge de la fuite, Henri Laborit

30 novembre 2012

L'extrait du mois : Le dessein qui le guidait

L'extrait du mois :

Le dessein qui le guidait n’était pas impossible, bien que surnaturel. Il voulait rêver un homme : le rêver avec une intégrité minutieuse et l’imposer à la réalité. Ce projet magique avait épuisé tout l’espace de son âme ; si quelqu’un lui avait demandé son propre nom ou quelques traits de sa vie antérieure, il n’aurait pas su répondre.  Jorge Louis Borges (Fictions)

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