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La 5ème de couv
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31 août 2015

Oscar et la dame rose**, Eric-Emmanuel Schmitt

Oscar

On pourrait facilement faire des reproches à cet ouvrage, en particulier sur la forme : Oscar, 9 ans, ne s’exprime absolument pas comme un enfant et sa façon d’aborder les choses sent l’adulte déguisé à plein nez. 

Je préfère rendre mérite à l’auteur d’avoir osé aborder un sujet sensible : le malaise actuel de notre société face à la mort, et de l’avoir pris de front avec ce récit de la fin de vie d’un enfant atteint d’une maladie incurable. 

Dans une société qui a choisi depuis deux générations d’exclure la mort et l’extrême vieillesse du champ social, la solitude d’Oscar interpelle. L’auteur rend parfaitement l’embarras des soignants comme le trouble des parents, interprété fort justement par l’enfant comme de la lâcheté face à cette évidence : il va mourir, pourquoi personne n’a-t-il le courage de lui dire et de l’accompagner véritablement dans cette tâche difficile ? 

Cette histoire, mal écrite mais bien conduite, fonctionne finalement.

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27 septembre 2016

Dégâts des eaux**, Donald Westlake (Rivages Thriller, 436 p)

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Toujours imprégné de cette énergie joyeuse qui caractérise les romans de Westlake, ce livre rempli son contrat. 

Cette bande de malfrats sympathique qui cherche à récupérer un trésor englouti fait souvent sourire et parfois franchement rire ; dommage toutefois que la répétition des péripéties étire un peu trop l'histoire en longueur.

Ma préférence reste pour l’instant au titre « Mauvaises nouvelles » avec le personnage de Petite Plume et ses acolytes.

11 août 2016

Liaisons étrangères***Alison Lurie (Payot Rivages, 425p)

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Tout en finesse et en nuances, Alison Lurie brosse un portrait plein d’humour des relations entre anglais et américains.

Sa plume fait merveille dans la construction de ses personnages principaux, et il m’est rapidement apparu que l’on peut difficilement découvrir cette auteure sans chercher à lire ses autres titres.

Ce livre intelligent démarrant lentement, il sera plus conseillé aux bons lecteurs.

Très jolie découverte.

1 mai 2016

Les chaussures italiennes - Henning Mankell (Seuil, coll. Points, 373 p)

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Un ancien médecin misanthrope vit reclu sur une île avec son chat, son chien et une fourmilière. Il se baigne tous les jours dans l’eau glacée, fait son café en 17 secondes, urine fréquemment (vous serez prévenus chaque fois) et a pour seule relation un facteur hypocondriaque. Heureusement son ancien amour de jeunesse abandonné lâchement 40 ans plus tôt vient le sortir de son trou. 

Je ne dévoile pas la suite qui ressemble quelque peu à un étal de brocante. En cherchant bien, on trouve quelques bonnes choses ; le reste est un ensemble hétéroclite d’éléments réunis pour la circonstance, dont on ne sait que penser. 

Héros peu sympathique malgré quelques tentatives de rédemption, absence totale de rythme, personnages décousus et comme « sortis du chapeau », voici le mauvais premier roman d'un bon auteur de polar.

28 octobre 2014

Le silence de la mer*** et autres récits, Vercors (livre de poche, 161 p)

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Etrange que deux ouvrages si connus, Suite française et celui-ci, donnent un point de vue si similaire de l’occupation allemande.

A choisir entre les deux récits, Le silence de la mer m’a semblé plus dense, plus intense, légèrement plus naïf peut-être aussi. La fascination que les officiers allemands exercent sur la population, et en particulier la population féminine, provoque un léger malaise. Etaient-ils donc tous des musiciens lettrés, nourris de romantisme, amoureux de la France, comme nous les décrivent ces deux auteurs ? 

Vercors était résistant, Irène Némirovsky  décédera à Auschwitz, nul ne semble mieux placé qu’eux pour juger cette période. 

Des nouvelles de qualité dont se dégage un sentiment de ferveur et de sincérité. A découvrir.

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31 août 2015

La pourpre et l'olivier. Calixte Ier, le pape oublié - Gilbert Sinoué (Folio, 626 p)

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Gilbert Sinoué prend une période trouble de l’histoire romaine (le règne de Commode),  un personnage dont il ne semble rester que peu de traces historiques, Calixte Ier, et avec cela il nous fait sa petite cuisine. 

Un zeste de cruauté et un soupçon d’érotisme : mélangez bien les deux.  Prenez une belle jeune fille innocente (si disponible à la saison), saupoudrez de martyre chrétien. Pimentez l’intrigue avec un amour romantique et contrarié, et c’est prêt ! 

On aime ou on n’aime pas, les goûts en cuisine, cela ne se discute pas.

Disons simplement que ce récit n’est pas destiné aux lecteurs férus d’histoire (Marcia, la célèbre concubine de Commode tombe amoureuse du héros, pour donner un exemple…).

8 septembre 2012

Le rapport de Brodeck****, Philippe Claudel Prix Goncourt des Lycéens, Poche 375 p

brodeckLe premier livre de Philippe Claudel que j’ai cherché à lire (Les âmes grises) m’a tellement ennuyé que je l’ai abandonné au bout de 200 pages. Celui-ci au contraire m’a passionné, et pourtant les thèmes abordés par l’auteur dans ces deux ouvrages me semblent  proches. Philippe Claudel prend un village reculé comme lieu d’observation, ou faut-il dire d’expérimentation ?, et il en extrait les composantes humaines à l’origine des plus grands drames. Dans un aller-retour constant entre passé et présent, il mêle avec beaucoup de talent la petite histoire et la grande, celle du village et celle des camps de concentration. L’apparence faussement décousue du récit lui permet de maintenir un lien constant entre les époques comme entre les personnages, et il utilise cette continuité pour tordre le coup à toute idée d’évolution humaine.

L’humanité telle qu’il la présente est lâche, oublieuse, envieuse, faible, et surtout toujours égale à elle-même. Pas très gai ? C’est vrai, mais c’est tout le talent de l’auteur d’avoir su rendre l’histoire vraiment prenante, et d’avoir créé un narrateur aussi intéressant que Brodeck, « l’homme revenu de là où on ne revient pas ». Brodeck, dont l’expérience et la lucidité ne sont finalement d’aucune aide,  mais est-il possible de s’affranchir des autres et de l’histoire ?

C’est un excellent roman.

 Extrait:  «Qui donc a décidé de venir fouiller mon obscure existence, de déterrer ma maigre tranquillité, mon anonymat gris, pour me lancer comme une boule folle et minuscule dans un immense jeu de quille ? Dieu ? Mais alors, s’Il existe, s’Il existe vraiment, qu’Il se cache. Qu’Il pose Ses deux mains sur Sa tête et qu’Il la courbe. Peut-être, comme nous l’apprenait jadis Peiper, que beaucoup d’hommes ne sont pas digne de Lui, mais aujourd’hui je sais aussi qu’Il n’est pas digne de la plupart d’entre nous, et que si la créature a pu engendrer l’horreur c’est uniquement parce que son Créateur lui en a soufflé la recette. »

 

5 septembre 2012

La vie sexuelle de Catherine M**, Catherine Millet (Seuil)

vie_sexuelle_catherineCatherine Millet, directrice  de la revue d’art Art Press, très connue du milieu parisien, fait son « coming out » en racontant l’ensemble de ses expériences sexuelles, en 4 chapitres thématiques.

 Grand succès littéraire et énorme coup médiatique de 2001, ce livre est le surprenant l’autoportrait d’une femme  libre, parfaitement dépourvue de tabous.  Des aventures multiples et variées émaillent le livre, surprenantes, drôles, pathétiques. Elles dessinent la vie d’une femme qui a toujours laissé libre cours à ses envies et à l’impulsion du moment.  

 Si les deux/trois premiers chapitres se lisent très bien, le récit tourne ensuite un peu en rond et finit par lasser. Malgré la précision des scènes et la qualité d’écriture, on s’interroge sur ce qui pousse Catherine Millet à multiplier tant  les partenaires, que cherche-t-elle véritablement ? Le sait-elle elle-même ? On finit un peu perplexe.

 Malgré ces quelques critiques, reste un livre unique, courageux et rafraîchissant.

 Pas d’extrait : je l’ai prêté et il n’est jamais revenu…

 

5 septembre 2012

Le trône de fer (12 tomes ou plus…) Georges R.R. Martin

 le_trone_de_ferQuel gâchis, mais quel gâchis !

 Un excellent, ou plutôt des excellents premiers tomes (les 4  ou 5 premiers au moins), qui nous font découvrir des personnages attachants et qui nous donnent envie de continuer l’aventure.

 La construction du récit, qui prend un personnage principal par chapitre et fait ainsi tourner les histoires rend l’entrée dans le livre un peu lente, les intrigues se développant doucement, mais on est payé de ses efforts car elles sont presque toutes intéressantes et les personnages très bien campés.

 Seulement voilà, passé le 5ème tome, l’auteur commence à faire disparaître certains personnages, pour en faire apparaitre de nouveaux, moins sympathiques. Dans quel but ? Mystère. L’intrigue, de complexe devient tortueuse, et nous sommes soudain pris d’un doute : l’auteur sait-il où il va ou bien écrit-il au fur et à mesure dans l’unique objectif de développer ses ventes, et malheureusement sans le moindre projet global ?

 Deux ou trois tomes plus loin, ce doute s’est transformé en certitude. L’auteur a passé le cap des 12 tomes en librairie et l’histoire a sombré dans une confusion sans égale dès le 8ème. C’est là que je me suis arrêtée et en suis venue à regretter d’avoir lu les 5000 premières pages. Très décevant….

  

26 juillet 2013

La merditude des choses** Dimitri Verhulst (10-18, 213 p)

merditudeDécapant récit d’une enfance passée au milieu de grands alcooliques. Avec beaucoup d’humour et un zeste d’indulgence, Dimitri Verhulst évoque cette vie libre, mortifère et chaleureuse. Nostalgie d’un expatrié envers son milieu d’origine, où il ne peut, ni ne veut revenir, mais qui regrette la part d’enfance et de fraternité perdues.

 A découvrir pour les nombreuses perles qui émaillent le livre. Deux étoiles pour rester en cohérence avec « Courir avec des ciseaux » d’Augusten Burroughs que j’ai préféré. 

« Le cercueil d’un buveur est rarement lourd à porter, les croque-morts les coltinent plus volontiers que les autres, et dans notre famille, on aurait épargné pas mal d’argent si on avait pu payer au kilo les obsèques de nos cadavres. »

30 octobre 2015

Les gens heureux lisent et boivent du café*, Agnès Martin-Lugand (Pocket, 187 p)

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Après un début intéressant sur le thème du deuil le récit se transforme en parfaite bluette. Seule l’héroïne, personnage d’emmerdeuse nombriliste tout à fait dans l’air du temps, nous rappelle que nous ne sommes pas dans un livre de Barbara Cartland.

Sinon tout le reste y est : la belle veuve éplorée, la grève Irlandaise battue par les vents (so romantique), le voisin ténébreux et si méchant, la sublime brune montée sur talons aiguilles qui va troubler l’amour naissant… c’est beau, non ?

Réservé exclusivement aux amatrices de romances.

5 août 2014

La Vie en sourdine** de David Lodge (éd. Rivages, 458 p)

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Peu d'action et pourtant du charme dans cette narration détaillée de la vie ordinaire d’un  retraité universitaire. Vacuité de la vie d’inactif, vieillesse du père qu’il faut accompagner, et surtout la surdité qui s’installe et, doucement, isole. 

Fort agréablement écrit, ce livre à consonance autobiographique décrit parfaitement les affres du déclin et de  l'avancée en âge. Il sensibilise intelligemment à ce handicap, discret mais irrémédiable, pouvant provoquer une exclusion définitive de la vie sociale. 

 Pour les bons lecteurs prêts à se laisser porter tranquillement par un roman.

18 septembre 2014

La couturière***, Frances de Pontes Peebles (éd Flammarion, 851 p)

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Très beau livre, touchant, sur la fraternité et la destinée. Les deux héroïnes sont extrêmement attachantes, l’histoire du Brésil des années 1930 bien retracée et intéressante. 

 Un livre qui aurait mérité 4 étoiles haut la main s’il avait été raccourci d'à peu près deux cents pages (en particulier le récit des cangaceiros qui finit par lasser). 

Le premier roman d’une auteure à suivre.

8 septembre 2012

L’élégance du Hérisson**, Muriel Barbery. (Gallimard 368 p)

l__l_gance_du_h_rissonUn grand succès de librairie de 2007, porté par les libraires et le bouche à oreille.

Une concierge qui cache sa vraie nature d’autodidacte passionnée d’arts et de littérature, une petite fille de 12 ans lucide et épuisée de solitude, un voisin japonais plus clairvoyant que les autres. Ce sont ces personnages, originaux et attachants, qui font la force de ce récit.

C’est un succès mérité, même si  le côté : « je suis unique et les autres sont trop stupides pour me comprendre » peut s’avérer un peu irritant. La fin abrupte peut décevoir également.

 Extrait : « Ma mère, qui a lu tout Balzac et cite Flaubert à chaque dîner, démontre à quel point  l’instruction est une escroquerie fumante. Il suffit de la regarder avec les chats. Elle est vaguement consciente de leur potentiel décoratif mais elle s’obstine à leur parler  comme à des personnes, ce qui ne lui viendrait pas à l’esprit avec  une lampe ou une statuette étrusque. »

  

30 mai 2017

Le journal d’une femme de chambre**, Mirbeau (Folio classique, 452p)

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Ecrit en 1900 ce roman explore le quotidien de la petite et grande bourgeoisie, vue par l’œil critique d’une domestique observatrice et impertinente. Ce portrait corrosif d’une « bonne société » où règne l’hypocrisie, l’avarice, la bassesse des instincts se reflète dans sa domesticité, profiteuse, cachotière, et prête à tout pour s’en sortir.

Si le sujet étonne et séduit, la répétition des situations comme la laideur humaine qui transpire à chaque page use quelque peu l’enthousiasme du départ.

1 décembre 2016

Monsieur le commandant**, Romain Slocombe (Pocket, 233 p)

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Le contexte historique parfaitement reconstitué et visiblement appuyé sur une excellente documentation forme le point fort de ce livre qui se révèle plus intéressant que Suite française ou Le silence de la mer.

La montée du nazisme, la défaite, l’exode sont très bien décrits, l’ambiance antisémite de l’époque également. L’idée de prendre pour héros un pétainiste convaincu aide à faire comprendre plus clairement les raisons qui ont poussé des auteurs de talent à prêter leurs plumes à cette idéologie. 

Côté défauts, on pourra regretter le prétexte épistolaire maladroit (la lettre adressée à M. le Commandant se transforme très vite en roman) tout comme l’absence de suspense, le dénouement se devinant très vite. Autre difficulté importante : l’idéologie antisémite, déversée et justifiée tout au long du roman par le héros pétainiste, peut facilement mettre mal à l’aise et bloquer la lecture.

Pour un public averti. 

20 avril 2016

La tendresse des loups **** Stef Penney (10/18, 600p)

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Vrai coup de cœur pour ce beau roman axé sur le thème de la quête.  

La densité des personnages, en particulier celui de la narratrice principale Mme Ross, crée un fil conducteur fort qui permet à l’auteur de dérouler 300 pages de poursuite dans les plaines glacées du Canada sans accroc. Il est impossible de quitter ce livre au rythme pourtant assez lent tant on souhaite voir les personnages aboutir dans leurs recherches.

Car tous recherchent quelque chose : le meurtrier qui les a jetés sur les pistes enneigées, les enfants disparus, l’os énigmatique, l’amour de leurs proches ou les raisons de leur désaffection, le sentiment de justice…

Policier, roman d’aventure, récit initiatique ? Un livre inclassable et prenant. Une très belle découverte ! 

PS :  très peu de loups dans cette histoire, pour les amateurs choississez plutôt "Un loup est un loup" de Michel Folco

11 août 2016

La coquetière** Linda D Cirino

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Plus à aborder comme un conte qu’un roman : l’histoire simple est séduisante (elle permet de découvrir la vie quotidienne en Allemagne durant la montée du nazisme), le personnage principal attachant, cependant l’ensemble parait un peu naïf et de nombreux détails peu crédibles. 

Les dialogues de la fermière qui ne correspondent ni à son niveau d’éducation, ni à son milieu de paysans « taiseux » m'ont particulièrement gênée.

30 octobre 2015

Betty*, Arnaldur Indridason (Points, 237 p)

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Cette reprise modernisée de la très classique histoire « Le facteur sonne toujours deux fois » risque de décevoir les fans : ne s’y retrouvent ni l’habituel enquêteur Erlendur, ni la peinture en filigrane de la société islandaise à laquelle l’auteur nous avait habitué.

La présentation de l’intrigue dès les premières pages n’aide pas non plus ce roman à décoller malgré une surprise de taille bienvenue en milieu d’ouvrage.

20 avril 2016

Adichie Américanah***, Chimamanda Ngozi (Gallimard, 523p)

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Très belle plume pour ce premier roman dont j’ai supposé (à tort) qu’il se déroulait principalement au Nigéria. Si les passages nigérians comme les personnages principaux m’ont enchanté, je suis passée un peu à côté de la partie américaine très fortement orientée sur les problèmes de racisme et de discrimination.

D’un récit léger et dépaysant (la vie nigériane), l’œuvre passe à une réflexion poussée sur le thème de la race et sur les rapports noirs/blancs aux USA. La race existe-t-elle ? se demande l’héroïne qui lit l’ensemble de ses expériences américaines au travers du filtre de sa couleur de peau.

Est-ce une question intéressante ? peut-on se demander au bout de 200 pages consacrées à ce thème. Ne sommes-nous pas toujours l’étranger de quelqu’un d’autre ?

La culture, le milieu social, l’accent, l’absence de référent culturel commun ne sont-ils pas des freins aussi puissants à l’intégration ? N’est-il pas logique de se heurter à tous les problèmes qu’elle décrit dès lors que l’on choisit de quitter définitivement son milieu d’origine pour traverser la moitié de la terre ?

Bref, un roman qui questionne. Un éclairage intéressant sur la perception de sa propre négritude et une romance très plaisante.

Premier livre convaincant. 

20 avril 2016

Avril enchanté* Elizabeth Von Arnim (10/18, 367 p)

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Sous la pluie londonienne, deux jeunes femmes se laissent séduire par une annonce : « Particulier loue petit château médiéval meublé au bord de la Méditerranée ».

Après un démarrage prometteur qui laisse rêver d’émancipation féminine en ce début XXème, le récit retombe comme un soufflé, enlisé dans les querelles de préséance, rancœurs sur l’usage d’un bout de balcon ou d’un salon et toutes ces petites vexations propres aux femmes lorsqu’elles se retrouvent entre elles.

Dommage vraiment que l’auteure n’ait pu se donner la liberté d’imaginer une entente plus cordiale entre ces quatre femmes, certes d’origines sociales très différentes, mais toutes avides d’une liberté plus grande.  

Le final relativement niais (tout le monde devient charmant, les maris y compris) m’a semblé sans lien avec le reste du récit.

 « De toute façon je suis persuadée que c’est péché de se rendre malheureuse à force de vertu. Vous avez l’air si triste que vous avez dû être bien vertueuse durant toutes ces années »

12 mai 2015

L’enfant allemand, Camillia Lackberg (Actes Sud, 454 pages)

enfant_allemandJe me demande ce que peuvent penser les policiers suédois des ouvrages de Camillia Lackberg tant son roman donne une piètre opinion de leur travail.

 Nous avons donc :

-  la standardiste qui adore garder les enfants 

-  un inspecteur flemmard incapable d’effectuer un relevé d’empreinte en cinq jours de temps (sa seule mission)

-  le chef qui part promener son chien et faire la cour à son amie pendant son temps de travail, au grand soulagement de tous ses subordonnés.

- un enquêteur compétent, malheureusement en congés paternité, et donc obligé de revenir sur les lieux du crime avec sa fille d’un an (d’où l’intérêt du personnage de la standardiste..)

Reconnaissons que l’intrigue, qui offre des allers-retours dans le passé, est intéressante en particulier les longs passages concernant la guerre 39/45. Tout cela est malheureusement gâché par l’amateurisme des enquêteurs cités précédemment.

J’ai soupçonné longtemps un des personnages que nos fins limiers l’avaient éliminé pour cause d’alibi.  Le personnage en question, interrogé(e) par leur soins, part prendre son agenda, et leur dit : "j’étais dans tel pays à telle période. Je ne peux donc pas l’avoir tué ". CQFD. J’avais supposé bêtement qu’une fois revenus au bureau ils avaient procédé à une petite vérification (compagnies aériennes, listing de vol etc…).  Comme c’était naïf de ma part...

Fort heureusement, à dix pages de la fin du livre, une jeune inspectrice a une illumination : nous n’avons pas pensé à vérifier l’alibi. Hop, un coup de fil à la compagnie, et voici l’identité du coupable qui apparait !

Les romans policiers, y a pas à dire, c’est magique… un certain nombre d’auteur ont choisi ce style pour pouvoir s’affranchir gaiement de toute rigueur scénaristique, et le pire, c’est qu’ils arrivent à vendre leur livre.

La seule chose qui m’ait consolé d’avoir lu ces 450 pages, c’est que pour une fois, il ne s’agit pas d’un livre que j’ai acheté.

3 avril 2015

Dérive sanglante***, William g. Tapply ( éd. Gallmeister, 298 p)

d_rive_sanglanteLa désolante traduction du titre original (Bitch creek) ne rend pas hommage à ce polar naturaliste qui sort très agréablement des sentiers battus.

Bien loin des policiers sanglants souvent ancrés dans le sud des Etats-Unis, cette intrigue s’enracine dans les paysages magnifiques du Maine, dans une petite bourgade isolée où tous les habitants se connaissent et s’observent sans même le vouloir.

Après avoir été frappé par la foudre, Stoney Calhoun y a reconstruit sa vie avec une mémoire quasi-vide, des flashs énigmatiques, une intolérance à l’alcool et un goût prononcé pour la pêche à la mouche. Qui était-il ? Le bouleversement inattendu de son quotidien va l’obliger à se confronter à son ancienne personnalité.

Le charme de ce personnage et de son chien font toute la saveur de cette quête originale, seule la fin souffre d’un léger manque d’approfondissement. Une belle surprise.

25 novembre 2014

Le jardin des pendus**, Ian Rankin (Folio Policier, 525 p)

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Bien sûr l’enquêteur a un air de déjà vu (insubordonné, divorcé, souci relationnel avec son entourage). Par contre, il est peu conformiste et très malin. Sa façon de rétablir l’ordre dans sa bonne ville d’Edimbourg en jouant sur les oppositions existantes entre les différents gangs est jubilatoire.

 Un polar honnête et original que je noterais volontiers 2 étoiles et demi.

2 mai 2014

Les saisons de la nuit***, Colum Mc Cann (Coll 10/18, 320 p)

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Des « gadouilleux » qui ont construit les souterrains du métro aux bâtisseurs de gratte-ciel, l’histoire de cette famille d’ouvriers afro-américains reprise sur trois générations livre tout un pan de l’histoire de new-York. Les méandres de la ville, ses souterrains, ses exclus ; la forte ségrégation raciale, la vie difficile des couples mixtes.

Toute la force de  la littérature américaine condensée en 300 pages : pur, dur, bien écrit.

Un roman social ; un beau roman tout simplement.

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