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La 5ème de couv
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27 décembre 2012

Avis de Tempête - Susan Fletcher (J’ai lu, 407 p)

avis_de_temp_teJ’ai acheté ce livre suite aux nombreux commentaires positifs sur Internet  (une note de 4.5/5 pour 16 lecteurs tout de même), mais il fait la preuve de la difficulté du conseil dans le domaine littéraire.

L’héroïne, jeune femme taciturne et jalouse, dévoile sa vie à sa petite sœur plongée dans le  coma. C’est un long monologue de peu d’intérêt : 8 longues années d’internat dans le nord de l’Angleterre, suivie d’une vie d’adulte aussi passive que sa vie d’étudiante. La beauté de l’écriture et les très belles descriptions de paysages marins, visiblement chers à l’auteur, ne nous sauvent pas de l’ennui. J’aurais aimé avoir le courage d’aller jusqu’à la fin, je n’y suis pas parvenue.

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30 novembre 2012

Le vieux qui ne voulait par fêter son anniversaire** - Jonas Jonasson (Pocket 506 p)

vieux_anniversaireUn vieil homme s’échappe de sa maison de retraite en charentaises et subtilise une valise dans la gare du village. Commence alors une cavale loufoque et drôle dans laquelle les rencontres atypiques se succèdent. En parallèle, des chapitres reprennent sa vie depuis l'enfance, vie si improbable que « Forrest Gump » fait figure de petit joueur en comparaison.

Si j’ai vraiment aimé le personnage de ce vieux débonnaire, allergique à toute idée politique ou religieuse, ainsi que la cavale très entraînante, j’ai regretté la séparation du livre en deux périodes distinctes qui en casse le rythme. Malgré le côté amusant de certaines anecdotes, la répétition sans fin des péripéties historiques finit par lasser et la fin s’essouffle franchement.

Ce bon livre aurait beaucoup gagné en perdant 100 pages. En l’état, il offre quand même (et ce n'est pas si mal !) un bon moment de détente et quelques tranches de rigolade.

6 octobre 2012

La valse lente des tortues*, Katherine Pancol. (Albin Michel 673 p)

yeux_jaunes_crocodilesKatherine Pancol a du talent, c’est indéniable, mais elle le gâche et c’est dommage. 

Elle reprend dans ce roman les personnages qui avaient fait le succès de son premier titre « Les yeux jaunes des crocodiles » (livre de poche) et on se réjouit au départ de renouer avec ses personnages sympathiques. Choix rare et opportun, elle avait pris pour héroïne une sorte d’«antihéros » féminin,  femme timide et peu sûre d’elle, écrasée par la personnalité éblouissante de sa sœur. Femme au foyer travaillant sur une obscure thèse moyenâgeuse, mariée à un semi-crétin, méprisée par sa mère.

 Ce deuxième tome signe la revanche de son l’héroïne sur la vie. C’est mon attachement à cette mère de famille sensible et douce qui m’a permis d’achever ce roman : globalement  j’en ai été déçue. A mon sens, le style romanesque n’excuse pas tout. Les libertés que l’auteur prend avec la réalité telles les interventions divines et le bébé qui parle à 8 mois sont exaspérantes. Certains personnages valse_lente_tortuessombrent dans la caricature : la vilaine sœur et l’affreuse mère finissent par avoir bon dos face à la gentille sœurette.

L’auteur, qui possède cet art délicat de raconter les petits riens avec talent, a cédé aux sirènes de la tentation : mettre de l’action à tout va pour embarquer le lecteur dans un semi- policier.  Tant pis si elle est obligé de se raccrocher aux branches pour donner une cohérence à l’ensemble. Katherine Pancol ressemblerait-elle à son héroïne, si peu confiante en elle ? Je pense pour ma part qu’elle est capable de beaucoup mieux que cela.

Extrait :  Il ne prit pas la peine de répondre. Il n’avait que quinze ans et refusait de se laisser éblouir pas une fille à l’éclat indécis. Il était à cet âge délicat où l’on habite un corps que l’on ne connait pas très bien, et où, pour se donner une contenance on peut se montrer cruel sans le vouloir. La manière négligente dont il traitait Zoé montrait qu’il entendait être le plus fort et que, s’il devait y avoir une victime, ce serait elle. 

12 septembre 2012

Tsippora** / Sarah** / Marie - Marek Halter (Robert Laffont)

sarahUne trilogie racontant la vie de trois célèbres femmes de la bible : Tsippora, femme de Moïse ; Sara, femme d’Abraham ; Marie, mère de Jésus.

La grande difficulté de ce genre littéraire (roman historique basé sur la vie d’un personnage célèbre), c’est la nécessité d’attribuer un caractère au personnage principal pour rendre le récit plus vivant.  Choix délicat pouvant facilement donner lieu à des critiques, car forcément subjectif.  De ce point de vue, l’auteur ne s’en sort pas mal.tsippora Il les présente comme des femmes de caractère, modernes dans leur refus de se soumettre à leur destinée toute tracée de femme, et il leur attribue une influence importante dans les choix de leurs maris ou fils.

 On lit agréablement ces récits qui nous font redécouvrir de façon très vivante les grands épisodes bibliques, on s’attache à ces femmes courageuses et libres. Par contre, si j’ai vraiment apprécié Tsippora et Sara, le récit de la vie de Marie m’a laissé perplexe et sa conclusion franchement pantoise. Certains croyants doivent grincer des dents en la lisant !  Dommage car cela perturbe l’équilibre d’un récit qui convenait jusque-là à tous les publics, athées, croyants, simples curieux.

13 septembre 2012

Le confident**, Hélène Grémillon. (Gallimard 315p )

le_confidentLA bonne surprise des vacances, livre pioché au hasard chez le libraire et dévoré en deux jours. Facile à lire, bien construit et très prenant, ce livre explore la relation atypique qui se construit entre deux femmes dans la fin des années 30, présentée du point de vue de chacune d’elles. Sans être un Grand Livre, c’est une très belle réussite pour ce premier ouvrage. Auteure à suivre….

 Extrait : « En prétendant sauver la femme de l’esclavage de la maternité, l’avortement lui impose une autre forme d’esclavage : sa culpabilité. Plus que jamais, la maternité devient notre seul fait ou méfait.»

 « A la différence de la foi, la superstition c’est pour ceux qui ont besoin de croire mais qui ne peuvent pas donner, comme moi à cette époque, enfermée dans un égoïsme du malheur. »

 

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2 septembre 2012

Le guérisseur de cathédrale** - Philip K Dick

gu_risseur_cath_draleC’est une œuvre mineure de Philip K Dick, réalisée dans un moment de grande déprime de l’auteur et qui tranche avec le reste de son œuvre, à mon avis.

 Pour résumer en deux mots, c’est complètement barré ! Pourtant cela m’a plu.  Le personnage principal, en quête d’un sens à donner à sa vie, est intéressant, jamais satisfait de réponses simples.  L’entité polymorphe mi-dieu, mi-animal, qui le sort de son marasme est totalement improbable et fascinante.

 Je n’ai que rarement croisé une œuvre aussi décalée (et décousue) et c’est probablement son mérite principal. A réserver aux vrais amateurs de Philip K Dick. Les autres iront plutôt vers Ubik.

  

    

9 septembre 2012

Murena (8 Tomes)**, Dufaux, Delaby – Dargaux

murena Récit historique réaliste et détaillé pour deux personnages bien connus de la Rome Antique, Néron et sa mère Aggripine. Des dessins de qualité, classiques, bien léchés, des personnages féminins très réussis.

 Un BD qui ravira par sa précision les amateurs d’histoire mais qui manque d’un petit quelque chose pour déclencher un vrai coup de cœur : l’absence de personnages sympathiques, peut-être ?

 

13 septembre 2012

Le complexe du Chimpanzé (3 tomes)** – Marazano et Ponzio - Dargaud

 complexe_du_schimpanze_2

Récit tourné autour de la conquête spatiale (passée et future), les trois tomes se lisent aisément et agréablement. Les dessins sont plaisants, les personnages attachants et le sujet accrocheur.

Seuls défauts, l’intrigue pourtant intéressante ne résout pas au final tous les problèmes qu’elle a soulevé et certaines disparitions de personnage demeurent énigmatiques, sans que l’on comprenne pourquoi l’auteur ne leur a pas donné d’explication cohérente.

Une bonne BD qui nous laisse un peu sur notre faim.

  

12 septembre 2012

Le Lézard Lubrique de Mélancoly Love****, Christopher Moore (Folio)

le_lezard_lubrique_2Je n’ai pas le souvenir d’avoir lu un livre plus décalé et plus délirant que celui-ci. Christopher Moore s’est fait une spécialité de s’affranchir gaiement des limites de la réalité, sans d’ailleurs partir vers la Science Fiction, les auteurs de SF cherchant à créer une cohérence que lui ne se donne pas la peine de trouver. C’est à mon avis dans cet œuvre qu’il donne la pleine mesure de son talent, La vestale à paillettes d’Alualu et  Un blues de Coyote étant un peu moins aboutis. On ne peut que rester soufflé par son culot : enchaîner tout un récit avec des personnages invraisemblables, un scénario  improbable, et une vague enquête comme prétexte (ce qui explique sa classification au rayon policier).

On obtient à la fin un livre extraordinaire, foisonnant, cohérent dans son délire, dans lequel on entre jusqu’au bout. Ou pas du tout, peut-être...  Un ovni de la littérature que je suis très heureuse d’avoir croisé et que je recommande chaudement.

 Dédicace du livre : cui-là, c’est pour toi maman.

 

7 septembre 2012

Le tailleur de pierre**, Camilla Läckberg (Actes sud)

 tailleur_de_pierreLa découverte de l’univers de cette romancière suédoise a été une bonne surprise. On rentre facilement dans l’histoire, même s’il faut prêter attention aux noms des personnages, assez nombreux. Deux époques sont développées en parallèle, 1920 et aujourd’hui, et on sait d’entrée que la clef de l’énigme réside dans ce lien, sans voir arriver trop vite la conclusion. 

Tout n’est pas totalement crédible, mais les personnages attachants et l’intrigue bien menée en font un policier fort agréable.

 

 

 

2 septembre 2012

L’homme du Lac**, Arnaldur Indridason (Points, 405 pages)

l_homme_du_lac Polar islandais mené par le commissaire Erlendur Sveinsson, personnage repris régulièrement par l’auteur et qui rappelle un peu l’inspecteur Wallander d’Henning Mankell.  L’enquête, bien menée, remonte dans les années 60 et fait découvrir une période historique intéressante : l’Allemagne de l’Est sous la Stasi.  Deux narrateurs alternent : le commissaire (pour le présent) et un étudiant islandais (pour le passé), attachants tous les deux. Que dire d’autre ? C’est d’une lecture agréable, même si l’ambiance islandaise qui sert de toile de fond est aussi morose que la vie familiale de l’inspecteur.

  

 

1 septembre 2012

Au-delà du mal*, Shane Stevens (Sonatine, 757 pages)

au_dela_du_mal_2Un  roman qui n’est pas sans rappeler « Les racines du mal » de Maurice G. Dantec. On suit le parcours d’un tueur en série et la chasse à l’homme qui l’accompagne. Le tueur n’est pas déplaisant et l’auteur réussit à nous faire découvrir de l’intérieur la logique qui l’anime. Le style fluide et les personnages secondaires intéressants rendent la lecture plaisante,  avec quelques longueurs. Rien de vraiment nouveau, toutefois, surtout pour ceux qui ont déjà lu Dantec, ce qui est injuste pour ce livre, beaucoup plus ancien (1968) que les Racines du Mal (1998) et qui ne doit sa parution française tardive qu’à des problèmes éditoriaux.

 Extrait : En septembre, Sara acheta un fouet, expliquant au marchand qu’elle comptait bientôt faire l’acquisition d’un cheval. L’homme lui dit qu’elle devrait peut-être d’abord acheter le cheval, mais Sara se contenta du fouet.

  

5 septembre 2012

Le rire de l’ogre, Pierre Péju Prix du roman FNAC 2005

le_rire_de_l_ogreLes prolongements de la seconde guerre dans la vie de deux jeunes gens nés à  la génération suivante (homme et femme). Chacun cherchent façon à percer  à sa façon les secrets qu’ils devinent chez leurs parents comme dans le reste de leur entourage. Des retours réguliers du récit dans la période de guerre permettent de suivre en parallèle les expériences parentales.

Retour sur une période noire, riche en compromission et en lâchetés de tout genre. Le livre n’est pas manichéen et il est difficile de jeter la pierre à ces personnages, pris par l’histoire, contraints à des actes qui leur répugnent mais auquel ils ne savent se soustraire. Pour finalement se transformer en bourreaux. C’est certainement cette impossibilité de juger, l’auteur nous mettant parfois en position de les plaindre, qui met tant mal à l’aise à certains passages.

Un livre nécessaire, certainement, mais qui m’a laissé une sensation assez pénible.

Extrait: Les S.S. le regarde descendre l’escalier avec Klara, qu’il place dans la file des femmes qui vont mourir. Il a l’air concentré d’un archiviste qui achève un classement délicat.

 

5 septembre 2012

Les cerfs-volants de kaboul***, Khaled Hosseini. (coll 11/18 domaine étranger 406 p)

les_cerfs_volants_de_KaboulC’est un très bon roman, prenant. Les personnages comme le contexte, l’Afghanistan avant puis après l’arrivée des talibans, sont intéressants.  Le narrateur, enfant gâté et faible de caractère, n’inspire pas véritablement de sympathie, mais c’est une des principales forces de ce livre : on n’arrive pas à rester insensible à ce héros tant il est prisonnier de sa faiblesse et premier à en souffrir. Le livre aborde avec intelligence de nombreux thèmes : l’inégalité sociale, la lâcheté, la culpabilité, le déracinement, puis finalement la rédemption.

C’est un livre que j’ai trouvé assez optimiste malgré les sujets abordés, je le conserverai dans ma bibliothèque.

  

5 septembre 2012

Cul de Sac***, Douglas Kennedy (Folio 291p)

cul_de_sac_2Premier livre de cet auteur qui prend toujours un plaisir malicieux à plonger ses héros dans des situations si inextricables qu’elles en deviennent burlesques. C’est une belle réussite, le livre se lit d’une traite.  On sourit, on compatit, et on s’inquiète pour ce  malheureux « héros malgré lui » qui n’aspirait qu’à un voyage tranquille. Ce livre vous découragera certainement de visiter le blush australien, mais on passe avec lui un très bon moment

30 août 2012

Dans les coulisses du musée**, Kate Atkinson. (Poche 408 p – Prix Whitbread 1996)

dans_les_coulisses_du_mus_eL'histoire d’une famille anglaise ordinaire, sur trois générations, racontée par la petite Ruby,  qui naît au début du récit et prend vite conscience qu’elle n’était pas attendue. L’histoire est constituée de nombreux récits imbriqués, aller-retours réguliers entre passé et présent, présentant l’ensemble des personnages de la famille, leur passé et leur vécu, les épreuves des deux guerres. La jeune narratrice porte sur l’ensemble de ce tableau un regard très ironique et distancié. 

Le récit est foisonnant, avec des passages intéressants, mais on se demande longtemps où tout cela nous emmène…Finalement, je me suis fait attraper par ce livre qui m’a véritablement émue mais il reste difficile à recommander, la mayonnaise peut prendre ou ne pas prendre. 

Extrait : Georges et Bunty  se sont rencontrés en 1944. Georges n’était pas le choix initial de Bunty, c’était Buck, un sergent américain (ma grand-mère avait eu un problème de mariage analogue  en temps de guerre), mais Buck s’était fait sauter le pied en jouant avec une mine anti-personnelle (…) Ainsi Georges avait-il eu gain de cause.

 

30 août 2012

Stupeur et tremblements***, Amélie Nothomb (Poche, 186 p)

stupeur_et_tremblementsRécit autobiographique.

L’auteur a gardé un souvenir idyllique du japon où elle a vécu dans sa petite enfance et elle y retourne une fois adulte pour découvrir le pays en temps que salariée, au bas de l’échelon nippon. Le décalage entre cette société fantasmée et la réalité de ses journées est drôle et raconté avec beaucoup d’humour. Certains pourront reprocher au livre de montrer une facette déplaisante voire caricaturale du Japon, mais ce récit n’a pas plus valeur de vérité universelle que n’en avaient ses rêves d’enfance. 

Amélie Nothomb n’hésite pas à se moquer d’elle-même autant que des autres, c’est rafraîchissant et ce récit assez court offre un bon moment de détente. Le livre le plus sympathique de tous ceux qu’elle a écrit, à mon avis.

 Extrait: Les attitudes les plus incompréhensibles d’une vie sont souvent dues à la persistance d’un éblouissement de jeunesse…

15 avril 2014

Les heures**, Michael Cunningham, (Pocket, 222 p)

heures

Il faut certainement connaître l’œuvre de Virginia Wolf, et en particulier Mme Dalloway, pour apprécier toutes les subtilités de ce roman-hommage.

Ce n’est pas mon cas, pourtant la structure maîtrisée du récit et la finesse des descriptions des héroïnes  (Virginia Wolf, Mme Dalloway l’héroïne de son livre et Laura  la lectrice de son roman) m’ont imposé le respect.

Difficile cependant de ressentir un véritable élan pour ces trois femmes,  prisonnières de leur mal-être,  perdues dans leurs réflexions sur la mort et le rapport au temps.

Peut-être n'y a-t-il rien, jamais, qui puisse égaler le souvenir d'avoir été jeunes ensemble. Peut-être est-ce aussi simple que cela.

29 août 2013

Une odeur de Gingembre**, Oswald Wynd (Folio 474p)

odeur_de_gingembreCe journal d’une jeune écossaise qui part en Chine pour épouser un anglais qu’elle connait à peine dégage un parfum d’exotisme très plaisant.

Découverte simultanée du pays, de la vie maritale, et de la complexité des relations sociales dans ces communautés fermées d’expatriés.  Rappel bienvenu pour les lecteurs d’une époque où les jeunes filles ne quittaient la tutelle de leurs parents que pour tomber sous le joug marital. Ce récit de voyage se poursuit jusqu’au Japon.

Le destin de cette femme de caractère du début 20ème siècle, vivant dans un monde entièrement écrit et dominé par les hommes, laisse une saveur douce-amère.

3 juillet 2013

La constance du jardinier***, John Le Carré (éd Points 519 p)

la_constance_du_jardinierClassé à tort au rayon policier, il décevra les amateurs de rythme. L’histoire lente ne connait pas de rebondissements et les clés de l'intrigue sont livrées dès le début du récit.  Mais il a beaucoup d’autres atouts, son ambiance africaine postcoloniale,  la découverte glaçante de l’univers des firmes pharmaceutiques (comment ne pas penser aux vaccins insuffisamment testés qui seraient à l’origine de la pandémie du sida en Afrique…),  ses personnages fouillés et touchants.

Au cœur de ce livre : l’irréprochable Justin, époux d’une jeune femme idéaliste et séduisante. Justin, qui après l'assassinat de sa femme, prend la mesure de son aveuglement et entame une quête rédemptrice. 

Faux policier et véritable histoire d’amour…. Lancinant et envoûtant !

8 septembre 2012

American darling**, Russell Banks (Actes sud, 500 p)

 Extrait:  « Quand on garde autant de choses secrètes aussi longtemps que je l’ai fait, on finit par se les cacher aussi à soi-même. C’était donc là que le rêve était allé, à l’endroit même où j’avais enfoui mes souvenirs oubliés du Libéria et des années qui m’y avaient conduite. Comme s’il s’agissait du secret de quelqu’un d’autre et que j’étais celle qui, plus que quiconque, ne devait pas en être informé.»

am_ricain_darlingC’est un bon roman, intéressant. Le retour de cette ancienne militante sur sa vie  permet de découvrir l’histoire d’un pays atypique : le Libéria, terre dérobée par les Américains au début du XIXe siècle pour y installer leurs anciens esclaves et débarrasser le sol américain de sa population noire. Projet délirant dont les répercussions, encore présentes dans ce pays au bord du gouffre, servent de toile de fond à l’intrigue.

 Le défaut : difficile d’accrocher à la personnalité de l’héroïne. Mais l’intérêt de l’œuvre tient à son auteur : Russell Banks est un excellent romancier, capable de donner une grande profondeur aux histoires. J’ai lu également « De beaux lendemains », que j’ai préféré,  petit village américain qui doit se reconstruire après l’accident d’un bus scolaire. Je n’ai pas pu lâcher le livre, sans comprendre comment l’auteur réussit trente pages de description d’un ramassage scolaire sans jamais lasser.  La justesse de ses personnages féminins m’a longtemps fait croire que Russell Banks était une femme.

 On pourrait résumer en quelques lignes les intrigues assez simples de ses deux livres, sans réussir à retranscrire l’intérêt qu’ils éveillent, et c’est certainement là que se trouve le grand talent de ce romancier. « L’humain » est au cœur des ces deux romans : leurs relations, leurs quêtes, leurs choix, leurs peurs. Auteur à lire, ne serait-ce que pour découvrir un écrivain majeur.

31 mai 2017

Le pouvoir du chien*, Thomas Savage (10/18, domaine étranger)

pouvoir_du_chien

Classique de la littérature américaine, Le pouvoir du chien nous plonge dans la vie de vachers du Montana des années 1920.

Cette ambiance "Western" très bien rendue sert de décor à la construction d’un thriller psychologique maîtrisé sur le thème de l’homosexualité refoulée, sujet tout à fait tabou à l’époque.

Ces qualités n’ont cependant pas équilibré, de mon point de vue, la lenteur de la mise en place et la prévisibilité du dénouement, je m’y suis souvent ennuyée. Remis dans le contexte de l’époque, il est facile de comprendre pourquoi il a fasciné et je regrette d’être un peu « passée à côté ».

8 septembre 2012

Saving human Being***, Xiaoyu Zhang – Ankama éditions

 saving_human_being

Artiste très connu en chine et titulaire de plusieurs prix de BD, c’est pour ma part,  la première fois que je découvre son univers et je ne suis pas déçue.

Digne fils d’Asimov (je ne sais même pas s’il l’a lu…), il reprend le thème des robots et de leur liens avec l’homme. La mission de ce robot : sauver les hommes. Une tâche beaucoup plus complexe que prévue… Bien menée et bien conclue, sans fausses notes. A découvrir.

  

 

11 février 2014

Découverte de Londres au XVIIIème

l_innocenceL’innocence**, .Tracy Chevalier  (Ed. Table ronde  400 p)

                      Le scandale de la saison*** Sophie Gee (Ed. Philippe Rey  336 p)scandale_saison_2

Deux livres lents mais plaisants pour une balade dans le Londres du XVIIIème et une rencontre avec deux auteurs majeurs, William Blake pour le premier, Alexander Pope pour le second.

L’innocence nous fait découvrir le Londres populaire de la fin du siècle, ville secouée par les soubresauts de la Révolution Française.

Le scandale de la saison se situe dans le Londres mondain de 1710/1711. Le roman s’inspire du micro-scandale à l’origine du poème satirique d’Alexander Pope « La boucle dérobée ».

 Ces deux livres se ressemblent : écriture déliée, étude poussée des personnages, et lenteur de la mise en place des intrigues.  Ma préférence va au « Scandale de la saison ». De Tracy Chevalier, je préfère nettement « La jeune fille à la perle », étude de la gestation d’un tableau de Veermer.

2 septembre 2012

L’envol des anges**, Mickael Connelly (Points, 461 pages)

l_envol_des_anges Ah, Mickael Connelly ! Il existe plusieurs héros ou (plutôt anti-héros!) récurrents dans la littérature policière. Ils se ressemblent par leur caractère solitaire et pugnace, leur intuition et leur parfaite incapacité à mener une vie familiale. Il s’agit de  l’inspecteur Wallander d’Henning Mankell, d’ Erlendur Sveinsson de Arnaldur Indridason et Harry Bosch de Mickael Connelly.

Mais c’est Harry Bosch qui a ma préférence.

C’est presque un label : on retrouve le même style, un personnage attachant, une enquête toujours bien léchée, on n’est jamais déçu. Certes, cela ne révolutionne pas le polar, mais c’est toujours l’assurance de quelques bonne soirées à venir, alors de temps en temps, on se dit « Tiens pourquoi pas un Connelly  ? »

 C’est L’envol des Anges et Echo Park que j’ai préféré. Les égouts de Los Angeles est sympa également.  Lumière morte, par contre ne m’a pas laissé de souvenir notable. On peut aussi découvrir de bonnes enquêtes du même auteur avec d’autres héros : Créance de sang et Darling Lilly sont de bonne facture.

 

 

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